Tout commence vendredi dernier. Je me suis préparé comme je pouvais, pour ma deuxième aventure Berlinoise : révision de mes quelques notions d’allemand, shopping, préparation mentale, …
Comme la première fois, je vais vivre cette aventure, accompagné d’amis du volley, sympathique et un peu déjanté.
En quittant la France, j’ai quitté mon austérité, ma timidité et je commence enfin à respirer la liberté. Cette pression et ce contrôle que je m’impose constamment s’efface peu à peu, une autre personne vit en moi.
L’été est là et les nuits sont plus courtes à Berlin. Avant d’attaquer les dancefloors samedi soir, nous avons défilé pour la CSD (Christopher-Street Day), appelé aussi gaypride. Du monde, des couleurs, des fesses dévoilées, des chapeaux, des torses nus, des plumes, des queues, du cuir, des bières, des tracts, … un défilé qui ressemble, un peu, à ce qu’on voit à Paris. Cependant, on ressent une différence imperceptible à l’oeil. Des humeurs différentes, moins d’agressivité dans les regards, moins de prétention dans les gestes, des regards furtifs plus agréables, … Est-ce moi qui change ? Ou Paris est un monde différent ?
Quoi qu’il en soit cette agréable parade rythmée s’arrêtera jusqu’à Tiergarten au tour de la colonne de la victoire, où trône un ange. Tout au tour des buvettes et des milliers de gens dénudés ou colorés, se prépare pour un concert. Et il est temps d’aller se préparer pour ce soir.
Une nouvelle expérience m’attend, au plein coeur d’Alexander Platz. C’est en haut de la tour Sharp que ce passe l’événement : La soirée GMF se déroule au 12e et 15e étage plus la terrasse au 16éme. Aidé de quelques verres de vodka et de boisson énergisante, je suis quasiment débridé. Une folle danse endiablée s’enchaînera pendant quelques heures.
Ensuite, nous changerons d’endroit pour le Berghain, cet extraordinaire lieu débauche. Là, encore, le temps passe à une telle vitesse, que je n’ai pas vraiment eu l’impression d’en profiter. Il est cinq heures du matin et le jour se lève dans un magnifique crépuscule.
Le dimanche est calme dans Eisenacher Strass. J’ai fait du matin, ma nuit et la journée sera probablement plus calme qu’hier. L’après sera l’occasion pour nous tous de faire une balade dans l’est de la ville et le long de la Spree. Ampelmann est au coin de chaque rue et même dans les boutiques. Les rues sont calmes et le soleil discret.
Une fois rentrée, certains se repose, d’autre discute et moi, je raconte en encore mon enfance, cette histoire compliquée. C’est aussi le moment de se préparer, un verre, deux verres, … de vodka. Nous voilà prêt pour la soirée GMF, une nouvelle encore dans cette même tour, mais pour toute la nuit. J’ai sur moi un tee-shirt rose, parsemé aléatoirement de strass brillant et les rencontres deviennent plus improbables. « You’re so sexy ».
Les danses s’enchaînent entre les étages, je m’épuise à la tâche. Les regards s’échange. Les corps furtifs entrent en trance. Et un mystérieux garçon s’avance peu à peu vers moi, dans la symphonie des arabesques environnantes. Son vêtement à capuche rose, blanc, bleu, le dévoile à peine, mais laisse entre voir une mèche blonde et ses yeux furtifs. Il doit être plus jeune que moi. Il continue à virevolter au tour de moi. Il me touche la tête. Essuie ma tête de mes efforts. Nous en avons envies et l’écart entre nous est minime. Comme dans un rêve …

Voulant éviter le piège du désir, je reviens à la réalité. Ça fait mal. Je l’abandonne pour mon devoir, pour ce que j’ai promis avant. Dans mon esprit, il ne me quitte plus. J’ai des regrets. Les autres deviennent fades. La nuit disparait, pour laisser place à un autre jour.







Derniers commentaires